Jour 36 : En route vers Jiankou

BeijingSoir et matin des vendeurs ambulants de circonstance se placent sur les axes qui mènent au métro.

C’est parti pour Jiankou

J’ai donc pris la décision de me rendre la veille à Jiankou, plus exactement à la « 5th team » du village de Xizhazi dans la vallée. L’idée est de prévoir de la marge pour le voyage, d’arriver tranquillement la veille de ce qui est annoncé comme la plus dure étape, pour pouvoir partir au levé du jour le lendemain matin.

Le trajet est un prologue à l’épreuve

Sans prendre un taxi relativement « très cher » c’est un long périple. Vis à vis de Beijing le point de départ se trouve derrière la muraille ce qui implique un long détour. Cela aurait justifié la facture en taxi et impose de « jouer » avec les transports en commun.

Trouver le premier bus

Je pars un peu après 10h, pour attraper d’abords le métro jusqu’à la gare des bus. D’après les indications que j’ai, le bus que je dois prendre est le 936. Ce bus se prend à l’extérieur de la gare routière attachée à la station de métro, mais il n’y a aucune signalisation, il faut savoir. Je demande un paquet de fois mais les indications ne sont pas évidentes en Chinois. Je passe une gare routière mais les numéros n’ont pas de « 936 ».

La deuxième gare routière est remplie de bus de ville (différents de ceux de très grande banlieue).
Je reviens à la première, trouve la pompiste, elle doit savoir et me dit que c’est là, au fond. Le bus est caché vraiment tout au fond de cette gare routière, impossible de le voir sans savoir.

En attendant le départ du bus, je sympathise avec une passagère qui me dit ou descendre pour avoir la correspondance – après peut être 2h de route- pour un autre bus pour le village. À la lecture de mon programme, consciente de l’effort à venir, elle m’offre son jus de fruit, que je n’accepte pas, il ne s’agit pas d’abuser de la gentillesse des gens.

JiankouUne passagère qui m’indique où descendre pour trouver la connexion avec le bus suivant.

Trouver et attendre le deuxième bus

A l’arrêt où je descends pour la connexion il y a un snack. Je demande à la tenancière si c’est bien là que je dois prendre un bus pour Jiankou. Elle me dit que c’est de l’autre côté et que les bus n’ont pas de numéros comme j’attendais mais le nom des destinations.

A savoir qu’en fait elle parlait de de l’autre côté du snack, soit à côté et non de l’autre côté de la rue où il y a également un arrêt de bus. D’autre part au bout d’un moment je me rends compte que les bus ont également un numéro, écrit en tout petit et dont les locaux ont oublié l’existence.

La seule vraie préparation logistique est celle qu’on vie sur le terrain

J’avais des récits trouvés sur internet qui parlaient de navette mais ne mentionnaient pas l’existence des bus publics. Deux chinoises qui sont plutôt douées en IT m’ont donné des indications précises sur les bus, leurs numéros et leurs horaires mais ces horaires ne correspondent pas à ceux de la feuille papier -semble t’il correcte- de la tenancières du snack, qui annonce 7:30,11:30,16:30.

Étrange, il ne devait pas y avoir de bus après 15:45 d’après le moteur de recherche officiel chinois.

Malheureusement il est 12h15 ce qui laisse entrevoir une longue attente dans le froid.

Un chauffeur de van, bien au courant des horaires vient me voir. Seul « touriste » à l’horizon je n’ai personne avec qui partager la course. Je lui propose un prix correct, soit deux fois moins cher que ce qu’il me propose et il lâche l’affaire.

JiankouIl fait très froid en tenu de course pendant 4h à cet arrêt de bus.

Une longue attente dans le froid

La température est bien loin de celle de Chengdu ou de celle de Beijing il y a un mois. J’ai enfilé toutes les couches chaudes sur le haut du corps mais en bas je n’ai qu’un léger collant de course et des chaussures légères et aérées. Les dames qui attendent le bus avec qui je finis par sympathiser me disent qu’elles portent trois vêtements chauds !

L’une d’elle m’indique également deux vieux hommes qui viennent d’arriver à l’arrêt de bus et qui rentrent chez eux, au village où je me rends. C’est bien, je ne vais pas rater mon bus.

Un randonneur fait son apparition

Un peu avant l’heure je vois un mec avec un sac à dos et une tenue de randonneur. Quand le bus arrive je me mets à côté de lui. Pendant le trajet somme toute assez long, autant en anglais qu’en chinois nous menons une petite discussion.

Il rejoint des amis déjà au village (qui connaissaient donc les horaires du bus).

Mon compagnon de route ne connaissait pas le prix d’entrée du village et se fait engueuler parce qu’il est chinois et aurait dû « comprendre ». C est moi ensuite qui le guide de nuit dans le village vers notre auberge.

C’est déjà la basse saison

Les dortoirs et leur lit petit budget (15Y) ne sont plus ouverts. Il ne reste que des chambres à deux lits pour 60Y chacun, avec couverture chauffante – oui il fait très froid ; c’est même pas l’hiver certains me diront ;).

Le randonneur parlemente longtemps car lui revient seul le lendemain alors que je veux juste ne pas mourir de froid, ce n’est pas un jour à dormir sur la muraille :).

JiankouLa salle commune c’est l’occasion de manger à un endroit un peu moins froid et de discuter de montagne avec les randonneurs présents.

Repas dans la salle commune

Dans la salle commune je mange mon dernier lyophilisé en entier et je mange encore de l’avoine et encore… Ça doit approcher les 1000kcal. Pour le lendemain je garde une pomme et le minimum de vivre de course.

Au fait, la stratégie énergétique est la suivante : ce soir je fais le plein, demain matin j’avale une pomme bien sucrée et 25cl de malto, puis je tourne avec juste 2L de malto et les pâtes de fruit qu’il me reste. Je boucle l’étape léger avant 14h, soit avant d’avoir faim. C’est un pari, qui est cohérent avec le reste.

La salle commune, c’est aussi l’occasion de parler de Népal et d’Anapurna avec les randonneurs.

Encore une mise en garde

La tenancière de l’auberge qui est au courant de mes plans pour le lendemain me met une nouvelle fois en garde. En fait elle dit même que je serais incapable de finir le tour et m’indique une plus petit boucle avec un chemin pour rentrer à l’auberge. Elle me donne la carte de visite de l’auberge avec un petit plan et m’attend de retour le soir.

Mais je ne doute plus de mon plan de bataille et pars me coucher serein à 20h50.

Dodo

Quand je pars me coucher il fait très froid malgré la couverture chauffante ; je m’enfile dans les draps tout habillé ! À 22h30 un groupe de randonneurs arrive dans l’auberge avec le vacarme habituel. J’ai des idées noires, grrr ! J’en profite pour débrancher la couverture et me rendors sans tarder.

Lire la suite : Jour 37 : Jiankou Mutianyu – la dernière course

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