Jour 34 : Dans le train vers Beijing

Trente heures de train en deux-deux

La nuit n’a pas était des plus confortables. Est-ce parce que j’ai dormi quatre jours sur un canapé, j’ai perdu l’habitude des lits durs chinois ? Bon, j’ai quand même traîné dans ma couchette jusqu’à 10h.
Je me rends compte, alors, que ce voyage de trente heures va très vite passer. Il reste une petite journée, une courte nuit, j’arrive à Beijing au petit matin et le voyage sera déjà terminé.
Je réalise, de ce fait, que j’ai suffisamment à manger pour tenir un siège dans le train Je préfère ça.

100% des AJR

Au petit déjeuner, j’avale un bol d’avoine riche en fibre et couvrant 100% des apports recommandés en magnésium. J’enrichis la préparation avec deux cuillerées de poudre de protéines également riche en calcium, vitamines C, B1, B2, PP et une cuillerée de sucre de canne. Côté vitamines et autres éléments essentiels je complète avec un cachet à base de plantes… Et pour finir je mange mon deuxième pain de riz garni :). C’est bon, j’ai 100% des AJR :).

chengdu beijing trainDifférents plats sont proposés par des vendeurs ambulants dans le train.

Dans le long train

Pas de télévision dans la cabine, ce n’est pas plus mal. Mes deux voisins ne parlent pas anglais mais au moins ils sont discrets et passent l’essentiel de la journée à dormir.
Dehors, les paysages chinois d’automne défilent, avec un temps gris et parfois pluvieux depuis le départ de Chengdu.
Après quelques chapitres de Dickens, je fais un aller-retour dans ce train d’au moins dix-neuf wagons, pour me dégourdir les jambes.

Tout au long de ce périple, j’ai choisi de prendre les transports en commun plutôt que le taxi et l’avion, selon quelques principes écologiques et pour rencontrer un peu plus la Chine et ses peuples. Dans ce train je ne vois pas d’autres blancs. Ils préfèrent prendre l’avion et parfois se risquent à un train rapide. Question de temps ? Calculs faits, cela n’est pas toujours évident.

En prenant ce train, pour trente heures entre Chengdu et Beijing je croyais être avec tous les chinois. Cependant, en prenant une couchette dite “soft” je peux encore être compté parmi les privilégiés.

Les classes et passagers du train

Comme je l’ai déjà mentionné, un “soft-sleeper” n’est pas un lit à l’européenne, c’est une couchette dure, mais, par quatre dans une cabine qui se ferme, assez large pour pouvoir se retourner et avec suffisamment de hauteur pour pouvoir se tenir assis. Ils offrent un certain confort.

Le wagon immédiatement attenant et tous les autres de ce côté sont constitués de “hard-sleepers” (que j’ai pris pour aller de Wutaishan à Beijing), avec dans chaque compartiment six lits plus étroits, entre deux cloisons dans un espace ouvert. Les banquettes du bas sont souvent partagées dans la journée et les strapontins du couloir occupés. C’est vivant, jeux de cartes, tricotage, films et jeux sur téléphone et des gens qui semblent manger en permanence.

De l’autre côté, après avoir passé le wagon restaurant je suis une vendeuse de plateaux repas qui se fraie un chemin entre les places assises (les mêmes que j’ai prises pour aller à Datong, Taishan, Zhengzhou). Cinq sièges en face à face. Il faut étendre ses jambes sous le siège du voisin, soit douze personnes dans un espace équivalent à mon compartiment de quatre. Ici les visages sont autant variés que les accents parlés. Les tas de graines se retrouvent ici et là, les gros sacs là où ils ont pu être placés.

Enfin, il y a les passagers debout, certains ont pu occuper une place assise sans avoir de problème avec le contrôleur, d’autres sont effectivement debout dans les espaces en fin de wagons.
En revenant à ma cabine, j’apprécie d’autant plus le confort et l’espace dont je dispose.
Peu après mon retour, le plus jeune des deux voisins de cabine s’apprête à descendre. À la gare suivante, Luo Yang, il est remplacé par un grand-père accompagné par son fils jusqu’à la couchette. Il est tout juste 20h mais il ne faut pas plus de dix minutes au grand-père pour dormir en ronflant.
A l’arrêt suivant, un autre vieil homme nous rejoint et dort aussi rapidement.

Retour sur le topo de la muraille

C’est le moment de regarder d’un peu plus près le topo de la muraille. Que veulent dire des journées de trekkers de onze heures trente voire quinze heures, quand on parle de cinq heures pour monter Taishan et qu’il m’en a fallu la moitié, ou de deux jours voire trois jours pour gravir Emei Shan tandis que je fais l’aller-retour dans la journée ?

Après une relecture attentive des notes et de la carte que j’avais compilées, c’est donc avec la plus grande incertitude que je me décide pour l’option suivante (à supposer que la météo soit clémente).
Déjà, j’accorde un peu plus de crédit aux temps annoncés car il y a des parties de quasi escalade, que certaines estimations que j’ai eu viennent de gens qui savent marcher et surtout parce qu’après 3h de l’après-midi il n’y a plus de bus pour retourner à Beijing et qu’au préalable il faut avoir pris un mini-van aux alentours de 14h !

Alors demain je prévois de rester à Beijing et autant que possible de me reposer la nuit (dans la journée le programme est chargé). Le lendemain en fin de matinée je prends le bus puis un van vers le village proche de la muraille, je pose mes vivres du soir et du lendemain et je vais faire un aller-retour dans le temps restant sur les fameux lieux à l’ouest de la section de Jankiou. Le soir je dors au village de Xizhazi. Le lendemain, je m’attaque au gros morceau (sur le plan technique et du timing), des “escaliers dans le ciel” jusqu’à Mutianyu. Un parcours donné pour neuf heures trente. Je dois arriver avant 14h00 en partant au lever du jour, juste avant 7h00.

(Il est probable que vous n’ayez des nouvelles de cette course qu’à mon retour en France vu le programme des prochains jours.)

Plan en tête, je vais visualiser une arrivée avec le sourire et me reposer. Il est 23h et pour le coup, demain toute la cabine va se faire réveiller vers 5h00 pour notre arrivée à 6h25 à Beijing.

Lire la suite : Jour 35 De retour à Beijing

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>