Jour 17 : Course sur Song Shan

trail run Song ShanAu départ de la course sur Song Shan

Mes hôtes à Zheng Zhou

Après les ruraux, dans le train, les propriétaires-gérants à Zheng Zhou, me voilà dans un autre milieu social. Mes très sympathiques et serviables hôtes, dans leur deuxième moitié de vingtaine, elle fine, lui au look d’un amateur de « métal » sportif (j’ai dit une bêtise ? …mais c’est elle qui aime le métal !), sont à la tête d’une entreprise productrice de matériaux pour la fabrication de diamants industriels. Tout le monde travaille dur, souvent même le dimanche. Ce qui permet à mes hôtes de vivre comme des occidentaux qui n’ont pas besoin de compter ; peut-être 15 ou 20 fois au-dessus du niveau de vie moyen en ville.

ZhengzhouMes généreux hôtes.

Petit déjeuner avec mes hôtes.

Ce matin, dimanche, nous prenons le petit déjeuner dans un fast-food local. On y mange, raviolis, tofu, crêpes de légumes, beignets. Chose très originale, je trempe mes beignets dans un bol de sucre plutôt que dans la sauce aux épices, du jamais vu :-) Cependant, je sens déjà que ce petit déjeuner délicieux n’est pas en adéquation totale avec le reste de mon programme.

ZhengzhouUn des plats du petit déjeuner.

La mère

Nous passons déposer Yu Lei, mon hôtesse, avec sa propre voiture, au travail. La mère, fondatrice de l’entreprise (qui vit très discrètement sous le même toit), veille au grain et supervise, dès la première heure, les va-et-vient, depuis sa chaise à bascule postée à un point stratégique.

Sortir de Zheng Zhou

Avec le mari, accompagné de deux de ses amis, nous prenons son véhicule, une Golf RS (modèle élitiste, sport donc) en route pour Song Shan. Il y en a pour une heure, le temps de sortir de la ville et d’effectuer les 60km qui nous séparent de Song Shan. Heureusement, ça permettra d’entamer la digestion.

ZhengzhouLe bolide du mari et ses amis.

Zheng Zhou

La ville, Zheng Zhou est une grande ville, un chantier, en extension, prometteuse, vivante, embouteillée, polluée, chinoise d’aujourd’hui. On trouve de tout dans la rue, pour équiper la maison, à manger… On passe du temps dans les bouchons… Il y a du monde partout, les enseignes flashent et les haut-parleurs crient… La centrale à charbon, les démolitions et constructions, accompagnées de leurs ballets de vieux camions génèrent une poussière et une quantité impressionnante de particules.

ZhengzhouZhengzhou, ciel gris même quand il fait beau.

Photos et météo

Par conséquent, même par journée ensoleillée, le ciel reste gris. Il parait qu’il est un peu plus bleu après la pluie. Ajoutons la brume d’automne et la visibilité encore une fois est médiocre.
Pour les photos de paysage, du nord au sud, on reviendra, à la saison des pluies et par temps froid. Ce n’est pas le même créneau que pour courir avec des températures clémentes (moyenne entre le nord et le sud) et par temps sec.

Côte température, justement, ce sera la surprise du jour. Enfin j’aurais pu m’en douter, hier en sortant du train, il faisait déjà nuit et je portais mon tshirt de course. Il fait chaud, très chaud.

La course sur Song Shan

Comme d’habitude, les cartes que j’ai et celles disponibles sont incomplètes ou fausses. Toutefois nous trouvons un accès à Song Shan. Le massif de Song Shan n’est pas très grand pourtant les sommets sont bien distincts et légèrement distants. De ce fait, je choisis le plus haut et reconnu par les plus fidèles comme “Song Shan”.

Voiture stationnée au pied de la montagne, nous convenons d’un rendez-vous à 15h. Il est déjà 11h, ça ne va pas me laisser beaucoup de temps.

trail run Song ShanLa technique des gants pour descendre les longs escaliers avec rambarde de Song Shan.

J’attaque directement, cela commence par un petit escalier qui s’élève dans la forêt. La fréquentation y est bien inférieure qu’à Tai Shan ou Heng Shan, sans doute parce que nous sommes lundi, les vacances sont finies et que le sommet voisin bénéficie d’une télécabine.

ZhengzhouIl fait très chaud et on hésite pas à aller chercher de l’eau où il y en a.

Une épreuve comme les autres

Je me rends rapidement compte que ce qui aurait pu être une balade, une petite montagne en dilettante va être une épreuve comme les autres. La chaleur est bien présente, j’ai encore des restes dans les jambes de Tai Shan et j’ai un repas délicieux mais inapproprié dans l’estomac.

Je suis parti sur mon rythme habituel mais dès que la pente commence à être prononcée, le cardio est dans le rouge foncé et je sens tout de suite les limites, je suis bien obligé de ralentir.

trail run Song ShanDes pèlerins m’arrêtent pour prendre une photo.

Ca n’empêche pas de jouer

J’ai déjà avalé plus de 400 mètres de dénivelée quand j’arrive au niveau d’un groupe de jeunes. Je les dépasse tranquillement toujours à mon rythme de croisière du jour. Un court instant plus tard deux d’entre eux viennent à ma poursuite, encouragés par leurs amis, c’est la course. On ne va pas laisser passer une occasion de jouer. J’accélère à peine pour les garder à une courte distance. L’un lâche l’affaire rapidement alors que l’autre se défait de tout ce qui l’encombre pour continuer la poursuite. Je suis contraint d’augmenter encore un peu le rythme mais surtout je dose les accélérations sur les parties les plus raides et creuse le trou au mental.

P1060279Mon compagnon de course jusqu’au sommet ; arrivés à un temple en restauration.

A l’approche du sommet, j’attends le valeureux poursuivant qui est toujours là, à une centaine de mètres en arrière et je l’invite à me rejoindre pour finir l’ascension ensemble. C’est plus sympathique et ça me permet de revenir à un rythme raisonnable sur la fin. Il est content et me laisse ouvrir la marche.

Vers le sommet

Le chemin débouche sur un temple apparemment en restauration, avec un parvis en terre qui n’est pas à niveau. En finissant la traversée devant le temple, on rattrape un autre chemin qui va vers le sommet tout proche.

trail run Song ShanAu sommet de Song Shan.

Quelques photos au sommet, il est tout juste midi, nous décidons alors de prendre un chemin qui descend de l’autre cote de la montagne vers d’autres temples. Ici les temples ressemblent à des maisons de village et les maisons du village ont souvent des petits temples.

trail run Song ShanLes temples ressemblent à des maisons.

trail run Song ShanLes maisons ont des temples.

Je descends sur l’autre flanc

A ce moment, mon compagnon du jour décide de remonter retrouver ses amis alors que je continue la descente. Ici le chemin passe sur la crête formant comme un bout de grande muraille puis il serpente le long des pentes abruptes du massif.

trail run Song ShanDes allures de grande muraille.

trail run Song Shan
Les pentes abruptes de Song Shan.

Je suis arrivé à un temple presque au bas de la montagne de l’autre côte (tout au moins j’ai fait plus de dénivelé négatif de ce côté que de positif de l’autre). Je pensais passer devant une cascade, peut-être était-elle asséchée en cette saison ou seulement à 50m de là. Il est plus de 13h et je me résous à reprendre la route en sens inverse.

trail run Song ShanDans les villages tout le monde met la main à la pâte pour contribuer à la restauration.

Le chemin du retour

Je franchis à nouveau le sommet, il ne reste maintenant que de la descente. Je m’engage alors sur le chemin en escalier qui descend, je cours, je saute et survole les séries de marches. Le nom de mon projet en chinois n’est pas usurpé ; il signifie “courir et voler, des centaines de kilomètres”.

J’ai dévalé une grosse centaine de mètres, peut-être deux, quand j’arrive à une intersection. J’ai un doute, je ne m’en souviens pas, le chemin de gauche descend sous la crête que j’avais prise pour rallonger la distance, je prends donc le chemin de droite. Encore des séries de marches très raides, ça descend beaucoup, très vite. Décidément cette route est beaucoup plus exposée, ensoleillée que mon itinéraire de montée.

trail run Song ShanArrêté par d’autres jeunes pèlerins sur le début du retour.

Le lecteur qui a suivi mon récit entrevoit ce qui m’attend : Je regarde ma trace sur le GPS et en effet je suis en train d’en faire une nouvelle et non de revenir vers celle laissée… Serait-ce à la précédente intersection alors ? Je de-zoom sur le GPS : Non ! Il faut que je remonte presque jusqu’au sommet ! Côté fatigue, je dose, côte timing, ça passe encore si ce n’est que je n’ai pas compté qu’il s’agit de ma troisième montée et que, forcément, je vais me faire arrêter pour pauser en photo.

trail run Song ShanUn groupe de randonneurs m’arrête un moment pour prendre plusieurs photos. L’un d’eux pensant me faire plaisir veut m’offrir une cigarette.

Me voilà presque au sommet, cette fois-ci à une allure bien inférieur à celle de la descente, le chemin devrait être sur le gauche. Et oui ! Le petit sentier qui mène vers le temple en chantier avant de rejoindre le chemin de la descente.

La descente vers l’arrivée

Il va falloir ne pas traîner mais prudence, j’ai vu une chinoise se faire une entorse (j’imagine vu le terrain et la situation) il y a plus d’une heure et elle est toujours allongée au sol maintenant avec une perfusion :-/ Ce qui me fait penser que j’ai oublié de prendre, cette fois-ci, ma bande scotch à tout réparer, utile y compris pour rentrer en cas d’entorse.

Je commence à descendre, avec un peu de fatigue dans les jambes et les bras, marche par marche, mais c’est long et mauvais pour mes genoux alors il va falloir être concentré se faire un peu violence, dans les bras mais surtout mentalement pour s’engager dans la pente et reprendre le rythme habituel.

Finalement, je me retrouve au parking avant le reste du groupe. Juste le temps de souffler un peu, de dénouer l’estomac et de faire quelques étirements.

trail run Song ShanLe sac couvert de sel est là pour témoigner.

Je n’avais pas vu Song Shan comme une journée difficile pourtant, dans ces conditions cela s’est révélé être un authentique défi.

La route du retour en voiture

Le soir, sur le chemin du retour la moitié des passagers de la voiture dort. Il faut un certain temps pour traverser les embouteillages et aller chercher Yu Lei au travail.

ZhengzhouDans les bouchons de Zhengzhou.

Ensuite, nous partons directement pour le restaurant à hot-pot, le plus fameux de la ville. Nous y retrouvons quatre amis du couple. J’avais pris de quoi me changer, par précaution. Un petit tour par les toilettes du restaurant s’impose aussi, j’ai les yeux qui piquent de sel.

ZhengzhouDes amis de mes hôtes dans une tenue courante en Chine. Le (beau) gosse et la fille habillée en princesse.

Le restaurant à hot-pot

Le restaurant à hot-pot est gigantesque, peut être une centaine de grandes tables bien réparties. L’établissement est réputé pour sa qualité et son service. Il y a des serveurs aux petits soins, beaucoup de personnel en extra pour la propreté, le service… un coin pour les enfants, un autre pour les bébés (!) Des petits spectacles entre les tables. J’ai eu droit sans le demander à un tissu de qualité pour pouvoir nettoyer mes lunettes. Une musique d’anniversaire passe toutes les dix minutes, au cas où (!).

ZhengzhouAvec mes hôtes et leurs amis autour d’une table de hot-pot.

Le hot-pot est une spécialité locale, comme une fondue avec deux bouillons au centre de la table, l’un épicé, l’autre non. Et l’on y fait cuire tout ce que l’on commande. Il y a des dizaines de sauces à disposition et même à composer. Le hot-pot, ça pourrait aussi être défini comme : un film d’horreur à interpréter en direct pour un végétarien. Ce soir nous mangeons, cervelle, langues de canard et de bœuf, boudin, rognons, anguilles… Des produits typiques et de qualité. Toute la tablée est invitée par mes généreux hôtes, il y a un “petit” nombre de billets rouges pour régler l’addition.

ZhengzhouDes dizaines de sauces suggérées par le chef ou à personnaliser.

Comment parfaire la soirée ? Un massage chinois pour les pieds. Il y a un salon, auquel mon hôte est abonnée, à deux pas de l’appartement.

Lire la suite : Jour 18 et 19 Zhengzhou, express vers Hua Shan

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