Jour 14 : Le Run de Taishan

run trail taishanGrande roche gravée de caractères dorés près du sommet de Taishan.

Le réveil sonne à 6h30 comme prévu.

Mon sac est déjà prêt, il ne faut que quelques instants pour que je sois habillé prêt à partir. Tony dort encore et je le réveille.

Pendant qu’il se prépare j’avale un pain sucré et une banane.

Nous partons peu après 7h directement de l’auberge qui est au pied de la montagne, sur la route du sentier principal vers le sommet.

run trail taishanAu pied du sentier qui mène au sommet de Taishan, accompagné de Tony.

run trail taishanLes premières rampes dans la montée de Taishan.

Trouver le rythme

Je ralentis mon compagnon du jour qui voudrait déjà galoper à peine parti. Si l’on veut arriver ensemble au sommet, il faut gérer l’effort. Nous arrivons à la billetterie, billet en poche nous attaquons la montée à un bon rythme. Suffisamment pour doubler tous les pèlerins sur notre chemin. Je donne quelques conseil à mon ami sur son hydratation et comment utiliser au mieux les bâtons en bambou qu’il vient d’acheter au départ du sentier.

run trail taishanTout au long de la route des rafraichissements sont vendus aux pèlerins, ici des petits concombres bien frais.

run trail taishanNous traversons déjà quelques temples.

Les paysages fantastiques

Les marches s’enchaînent, les rampes deviennent de plus en plus longues et de plus en plus raides. Ça donne des perspectives assez impressionnantes. On retrouve les paysages fantastiques des dessins chinois malgré une brume persistante. Sur la fin de la montée je commence quelques accélérations et j’attends mon ami à chaque porte.

run trail taishanLe sentier en escalier monte jusqu’au col droit dans la pente !

Un chrono remarquable

Heureusement que, faisant bénéficier Tony de mon expérience, je l’ai ménagé au début, son cardio devait être bien élevé pendant toute l’ascension et la dernière rampe a raison de lui pendant un court instant ; il récupère alors qu’il blâme la dernière gorgée sucrée que je lui avais recommandée deux rampes plus bas.

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Tony dans la rampe la plus raide vers le sommet.

Malgré tout, et c’est remarquable, nous arrivons ensemble au sommet en trois heures, ce qui est bien moins que toutes les prédictions de pèlerins non sportifs. C’est fou ce dont le corps est capable !

Au programme une deuxième ascension

Petit tour au sommet, quelques photos et j’annonce le programme : je ne veux pas tarder à descendre car je veux faire une deuxième montée.

Mon compagnon hésite. Je lui explique alors que je vais descendre jusqu’à l’arrivée des bus, soit la moitié de la montagne puis remonter et lui commencera à descendre.

run trail taishanUn autre temple proche du sommet de Taishan.

Première descente

Cette fois-ci, pas de bordures latérales aux escaliers, juste des marches, parfois hautes, étroite et glissantes. Dans la partie raide du début de la descente, je vais le plus rapidement possible mais marche par marche. Au fur et à mesure que la pente est moins prononcée, que les marches sont plus larges, je descends les marches deux par deux avec l’assurance de mes bâtons. Et ça devient marrant quand il y a des plateformes entre les séries de marches. Je peux alors en appui sur mes bâtons sauter les 5 à 7 dernières marches ce qui me rend très rapide et fait forcément impression.

run trail taishanVue splendide dans les séries de marches qui conduisent au sommet.

Malgré tout à cause des parties très raides, la descente est plus lente que sur un sentier de montagne habituel et cela met en jeu bien plus les épaules, triceps et abdominaux pour gainer lors des appuis et des sauts.

Montée à mon rythme !

Parvenu à la station de bus, je me fais un auto-plein en glucose de ma petite bouteille puis je remonte, cette fois à mon rythme. Et c’est là que ça commence à être très drôle. Les pèlerins et vendeurs qui m’ont vu parfois monter et descendre me voient monter à nouveau, et ce, encore plus vite. Je reçois beaucoup d’encouragements. Je me fais arrêter plusieurs fois pour être pris en photo. En général un arrêt vaut pour plusieurs groupes de pèlerins.

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Avec des pèperins de tout âge.

Après les photos, il m’arrive de repartir un peu plus vite pour la rampe qui suit et ça fait plaisir à tout le monde.

run trail taishanA fond les manettes dans la dernière rampe raide lors de la deuxième ascension.

Sur la dernière rampe avant le sommet, la plus prononcée, un pèlerin me suit, je ralentis pour rester avec lui et je l’encourage. Au début c’est “facile” puis il faut que je redouble d’encouragements pour continuer la montée ensemble. Là, un autre fraîchement reposé, part au galop dans les derniers mètres. Je le rattrape et le double. Il faut rester fair play quand même ;). Doubler comme ça dans les derniers mètres, alors que j’ai une montée et demi dans les jambes (+2200m), n’est pas très courtois ;).

run trail taishanLe sommet de Taishan, ça se mérite !

run trail taishanUne des variantes autour du sommet de Taishan.

Je retrouve Tony

C’est juste en dessous du sommet que je retrouve mon ami Tony. Il n’était donc pas bien pressé de descendre. Nous finissons cette deuxième partie d’ascension à nouveau ensemble. Et cette fois on redescend tous les deux. Au début j’attends Tony à chaque porte, puis j’enchaîne avec un autre tronçon. Je fais une descente et remontée entre chaque point de contrôle des billets qui empêche un deuxième passage. Ce qui fait que petit à petit je suis en train de réaliser ma deuxième ascension pendant que Tony fait sa descente.

Beaucoup de pèlerins me voient pour la troisième fois et, chaque fois que je m’arrête un instant lorsque je croise Tony, c’est une séance de photos. Tony joue alors l’interprète et donne des détails aux pèlerins sur le nombre de mes passages, sur mon projet de marathons sur les montagnes sacrées.

run trail taishanEn compagnie d’un des nombreux pèlerins qui m’arrêtent en chemin.

Les plus amusants sont ceux qui se mettent carrément au milieu de mon chemin pour m’arrêter à mon troisième ou quatrième passage. Ceux aussi qui prennent des photos en douce quand j’attends mon ami à une porte, et qui sont ravis quand je leur propose de faire une photo avec l’un d’eux ; souvent l’un puis l’autre, voir un autre groupe voisin qui en profite et il est temps que je reprenne ma course.

À l’aire de bus je croise des pèlerins que j’avais déjà croisés sur l’aire du sommet. Ils sont impressionnés que je sois descendu aussi vite que eux par les télécabines (j’imagine qu’ils ont quand même fait la queue et mis un moment pour rejoindre la gare haute).

run trail taishanA l’aire de bus on croise également des artisans qui proposent des snacks traditionnels.

Jusqu’à 9 marches je survole les escaliers

Plus loin les séries de marches sont plus courtes. Jusqu’à 9 marches je survole les escaliers. Je place mon pied dans la deuxième marche, mes bâtons 3 marches en dessous et je décolle pour les 3 ou 4 suivantes. Vitesse assurée, le spectacle aussi pour les pèlerins. Du coup j’attends aussi Tony ce qui me donne l’occasion de parler avec un guide anglophone et sa cliente suisse (ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de blancs ! ).

run trail taishanUn autre jeune pèlerin content quand j’accepte de prendre la pause alors que j’attends Tony.

La fin de journée

Les derniers allers-retours sont plus longs en distance et je commence à sentir distance et dénivelée. Les pèlerins du jour se font plus rares et ceux du soir commencent à arriver. Les marchands et porteurs eux sont toujours là. Et les encouragements plus rares mais généreux. Les plus étonnés, surtout lors du quatrième passage, sont les contrôleurs de billets qui me voient faire des allers-retours à leur frontière.

A l’arrivée !

J’arrive finalement au pied de la montage avec une bonne journée dans les jambes. Deux ascensions de Taishan, accompagné, en une petite journée. Je crois que j’ai mérité ma promesse de longévité :

Qui montera Taishan vivra 100 ans.

Une mention spéciale pour les porteurs. Certains font le même trajet avec 25kg sur le dos ou les épaules ! Et ils n’ont pas vingt ans.

run trail taishanValeureux porteur d’eau, 24kg sur le dos.

Soirée tranquille

Le soir, une bonne douche, de l’eau, une boisson de recup’ et nous allons manger des raviolis excellents dans une petite rue un peu plus bas, ce qui me donne l’occasion de discuter un peu plus avec Tony.

run trail taishanLe restaurant du soir. Un contrast total entre l’aménagement du lieu et le gout excellent des raviolis.

Je sens que mes abdos ont bien travaillé, les triceps aussi. Tony, lui, à un peu plus de mal à marcher ;). On ne bat pas des “records” sans prévenir :) Encore bravo pour cette montée en trois heures !

22h00 dans la chambrée, les derniers partants de l’ascension du soir (pour le lever du soleil) s’en vont et bientôt tout le monde dort.

Lire la suite : Jour 15 Repos, visite de Tai’an

2 comments on “Jour 14 : Le Run de Taishan
  1. Bertrand says:

    Vivre 100 ans, c’est tout ce que je te souhaite ! ;)
    Allez vire et vole de sommets en sommets ; fais-toi plez ! ;)

  2. Michel says:

    Tu es le français volant. Courageux et beau joueur.
    Prends soin de toi.

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